Germaine Poinso-Chapuis, première femme ministre d’État

vendredi 6 janvier 2012
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Germaine Poinso-Chapuis, première femme ministre d’État (1/2)

Germaine Poinso-Chapuis fait partie des "Femmes d’Exception en Provence-Alpes-Côte d’Azur", livre édité par Le Papillon Rouge Editeur et écrit par Sylvie Reboul.

Depuis deux ans qu’elle a été élue députée des Bouches-du-Rhône, Germaine Ponso-Chapuis partage sa vie entre Paris et Marseille. Une dizaine d’heures sont nécessaires pour effectuer le trajet en train, lorsqu’il n’y a pas de panne ou d’imprévus. En cette année 1947, les services publics sont encore largement désorganisés, en particulier les transports. Ni logement de fonction, ni bureau réservé, encore moins de voiture… la vie d’un député sous la IVe République n’a rien d’une sinécure. A fortiori lorsqu’il s’agit d’une femme dont le droit de vote n’a été arraché aux hommes que depuis trois ans.

À 46 ans, elle a réussi à se faire une place en politique, ne poursuivant qu’un seul but : faire avancer ses idées. Née à Marseille dans une modeste famille catholique d’origine ardéchoise, Germaine est douée, très douée. A cinq ans, elle insiste pour aller à l’école et apprend à lire toute seule. Une tendre complicité l’unit à sa soeur aînée, Eugénie, qui l’aide à satisfaire son insatiable soif de connaissance. À seize ans, le bac en poche, attirée par la philosophie, elle s’oriente pourtant vers le droit parce qu’à Marseille existe une faculté "libre" où ses parents l’autorisent à poursuivre ses études.Reçue en licence avec une mention très bien, major de sa promotion, elle entame un doctorat de droit romain qu’elle n’achève pas. À 20 ans, Germaine Chapuis préfère l’action et s’inscrit au barreau de Marseille : en cette année 1920, elles ne sont que trois femmes pour plus de deux cents hommes. Farouchement attachée à sa liberté, elle choisit le statut d’indépendante, ajoutant une difficulté supplémentaire à un métier déjà éprouvant qui requiert une résistance physique hors-norme et des nerfs d’acier. Rapidement, son éloquence exceptionnelle, son habileté, sa force de conviction et sa sûreté de jugement suscitent l’admiration chez ses confrères, à commencer par Gaston Defferre. Elle acquiert vite la réputation "d’As du barreau" en droit des personnes, droit civil et droit commercial. Mais lorsqu’un jour Me Vidal-Naquet la sensibilise au sort des enfants traduits en justice, elle est bouleversée. Bien souvent issus de milieux extrêmement défavorisés où l’alcoolisme et les abus sexuels sont fréquents, ces jeunes délinquants sont envoyés en prison avec les adultes.

Aux côtés de son confrère, elle se bat pour la création d’un Comité de défense et de protection de l’enfance, réussissant le tour de force de réunir, autour de la même table des religieux et des francs-maçons, des communistes et des militants de l’Action française. Désormais, elle n’aura de cesse d’oeuvrer en faveur des plus faibles, convaincue des immenses possibilités offertes par le droit et la justice pour les protéger. Un autre combat l’anime, celui du droit des femmes à voter, à exercer un métier librement et à disposer de biens personnels… Le Code Napoléon, toujours en vigueur, fait, en effet, de la femme mariée une quasi-mineure, totalement soumise à la puissance maritale. Or, la Première Guerre mondiale a changé les rapports entre les hommes et les femmes. Investies de nombreuses responsabilités lorsque leurs maris se battaient au front, beaucoup refusent de retourner sagement à leur foyer. Germaine est sensible au combat des Suffragettes qui réclament des droits politiques. Elle dénonce aussi, en tant qu’avocat, les abus commis contre les femmes souvent trompées, humiliées voire maltraitées. Engagée dans de nombreuses associations, elle privilégie l’action, donnant par exemple des cours d’instruction civique ou contribuant à constituer, de façon totalement illégale, des listes féminines pour les élections municipales de 1925 ! Parmi tous les mouvements auxquels elle participe, le courant anglo-saxon recueille sa préférence : le sor-optimisme valorise l’activité professionnelle, milite pour une moralisation de la société en luttant contre la prostitution et les ravages de l’alcoolisme.

Le tout dans un esprit de grande fraternité : "Soeurs pour le meilleur". Toute sa vie elle restera fidèle à ses amies soroptimistes. Sur le plan politique, Germaine Chapuis adhère dès sa création, en 1924, au Parti Démocrate Populaire. Elle apprécie cette incarnation de la démocratie chrétienne qui repose sur l’idée que le christianisme, dans sa dimension éthique et culturelle, doit être une source d’inspiration pour la démocratie. Le PDP défend une ligne politique de centre droit, adhère au régime républicain dans le respect de tendances morales et religieuses, tout en prônant la préservation de la famille. Rapidement, on lui confie des responsabilités au sein du parti où elle ne se prive pas de défendre ses idées féministes. "Aucune objection ne résiste devant la dialectique si claire de l’éloquente oratrice, et les vérités qu’elle dit au sexe fort sont lancées avec tant de grâce et d’esprit qu’elles passent comme des fleurs à qui l’on pardonne d’avoir des épines" peut-on lire à son sujet dans Le Petit Marseillais du 23 février 1933.

Elle milite pour le vote individuel tandis que les dirigeants du PDP lui préfèrent le "vote familial" qui accorde au père autant de voix qu’il a d’enfants. Son humour les fait parfois grincer des dents… "On dit : les femmes sont dépourvues del’intelligence et de la culture qu’il faut pour suivre la politique. Mais combien d’hommes en sont pourvus ?" s’indigne-t-elle dans Les Cahiers de la Démocratie populaire. Lorsque Léon Blum arrive au pouvoir, les féministes exultent : plusieurs femmes sont secrétaires d’Etat et d’autres occupent des postes à responsabilité dans les cabinets ministériels.

Désormais connue, estimée et admirée, Germaine Chapuis se marie avec Henri Poinso, également avocat, en novembre 1936. Il sera, avec Eugénie, sa soeur, son plus fidèle soutien dans la gestion de la maison et du quotidien. Leur premier enfant, Maurice, naît en 1938, malheureusement atteint d’une infirmité. Cette situation douloureuse la motivera à engager un nouveau combat, en faveur des enfants handicapés cette fois. Mais pour le moment, c’est la guerre qui attend le jeune couple et Germaine ne met pas longtemps à s’investir dans la Résistance. "Aucun d’entre nous, en famille, n’avait pu accepter l’armistice ni les discours sinistres de Pétain. Nous étions tous disponibles pour quelque chose". Avec ses collègues du PDP, elle refuse les pleins pouvoirs au Maréchal malgré les prêches de l’archevêque de Marseille, Monseigneur Delay, qui affirme que résister, c’est trahir la France Elle rend service, cache des juifs, s’occupe d’enfants dont les parents ont disparu, assure l’intérim de confrères comme Gaston Defferre, mobilisés ou engagés dans la Résistance. Il lui arrive aussi de défendre des communistes et des anarchistes arrêtés par le régime de Vichy, usant de son droit de visite dans les prisons pour faciliter leur évasion… Un jour, elle vole un tampon chez un juge d’instruction pour fabriquer de fausses ordonnances de non-lieu. Cette audace ne lui est pas naturelle, réciter un Notre-Père lui donne du courage… "Je suis née peureuse. Je ne crois pas avoir jamais fui ni reculé, mais au prix d’un effort considérable de volonté".
Le domicile des Poinso devient un lieu de rencontres pour les résistants.

Heureusement, des policiers complices les protègent, détruisant opportunément les dossiers compromettants. Germaine est fichée à la Préfecture sous la mention "Pense mal et depuis longtemps" ! Intégrée au réseau de renseignement Alliance, aucun danger ne l’effraie, ce qui lui vaut d’être décorée à la Libération, notamment de la Médaille de la Résistance. Tout en poursuivant son combat juridique pour les enfants, elle participe alors aux travaux de la Commission de régularisation des arrestations, chargée d’évaluer le bien-fondé des emprisonnements pour collaboration. En 1944, alors que le droit de vote est enfin accordée aux femmes, elle s’engage dans l’action municipale aux côtés de Gaston Defferre, s’employant à remettre en marche l’administration, harcelant les pouvoirs publics pour obtenir du lait, du chocolat, des aliments vitaminés et des vêtements pour les enfants. Face à des socialistes et des communistes opposés à l’idée d’aider de la même façon les écoles privées et publiques, ses protestations lui valent une réputation, bien injuste, de femme de droite autoritaire et obstinée. En 1945, elle adhère au Mouvement Républicain Populaire, un nouveau parti chrétien plutôt ouvert aux femmes, avant d’accoucher, début mai d’un deuxième garçon, Jean-Marie. Après-guerre, une véritable frénésie électorale s’empare des Français. En un peu plus d’un an, ils sont appelés à voter… sept fois !

Le 21 octobre 1945, Germaine Poinso-Chapuis est élue députée pour la première fois, provisoirement pense-telle, car il s’agit d’une Assemblée constitutive devant siéger sept mois. Pour cette forte personnalité, la tentation de faire avancer ses idées –protection des enfants, indépendance économique des femmes mariées…- grâce à la politique est trop grande. Après avoir mené une campagne électorale acharnée, à 44 ans, elle est élue députée des Bouches-du-Rhône pour cinq ans lors des législatives de novembre 1946. Elle le restera jusqu’en 1956. Une amie prend en charge son cabinet d’avocat, son mari et sa soeur Eugénie veillent sur les enfants. Madame le député n’a pas le temps de s’ennuyer. Durant les quatre jours qu’elle passe dans la capitale, elle participe bien sûr aux séances plénières de l’Assemblée nationale mais aussi aux réunions de son groupe parlementaire et aux nombreuses commissions dont elle est membre : Justice et Législation, Affaires économiques, Famille et santé publique. Sur les bancs de l’hémicycle, son charisme rayonnant, ses interventions passionnées et péremptoires lui valent la considération de la plupart de ses collègues. Impressionné, Paul Ramadier lui lance un jour : "Madame, vous êtes le seul homme de cette assemblée". Souple et cordiale avec ses adversaires politiques, notamment avec les socialistes qu’elle connaît bien, elle fait preuve de patience et de ténacité, sans jamais renoncer à son indépendance. Au MRP, ses collègues sont parfois agacés par ses préoccupations : problème de logement, précarité du travail partiel, âge de la retraite, sort des veuves… Certains s’offusquent même de voir cette femme "pérorer" à l’Assemblée alors qu’elle a deux enfants en bas âge, dont un est infirme…

En ligne LaProvence.com, article publié le 6 janvier 2012

Germaine Poinso-Chapuis, première femme ministre d’État (2/2)

Germaine Poinso-Chapuis fait partie des "Femmes d’Exception en Provence-Alpes-Côte d’Azur", livre édité par Le Papillon Rouge Editeur et écrit par Sylvie Reboul.

À Marseille, elle se ressource auprès de sa famille tout en poursuivant ses activités en faveur des plus faibles et de l’indépendance des femmes. En cette nuit du 23 au 24 novembre 1947, toute la famille Poinso dort au 31 rue Montgrand. Lorsque le téléphone sonne, aux alentours d’une heure du matin, Germaine décroche. C’est Robert Schuman, le nouveau président du Conseil, qui lui fait part de la constitution de son gouvernement. "La belle affaire, râle Germaine, ce n’était pas la peine de me réveiller pour ça". "Mais vous en faites partie, vous êtes ministre de la Santé, il faut rentrer aux premières heures". La jeune femme est stupéfaite, elle n’a été ni pressentie ni consultée. Bien sûr, après quelques-unes de ses interventions remarquées au Palais Bourbon, on lui a déjà proposé un secrétariat à l’Enfance, qu’elle a refusé faute d’un budget satisfaisant. Aura-t-elle la carrure, les compétences pour devenir ministre d’Etat, la première femme ministre d’Etat ? Henri la presse d’accepter : "C’est une occasion unique de faire avancer tes projets, de mettre véritablement en oeuvre tes idées. Tu seras force de proposition et aura le pouvoir et les moyens de faire avancer les choses".

Quelques jours plus tard, Germaine est investie avec la nouvelle équipe ministérielle. Aux côtés notamment de Georges Bidault (Affaires étrangères), René Coty (Reconstruction), François Mitterrand (Anciens Combattants), le président du Conseil la présente au président de la République, Vincent Auriol. Sa nomination ne suscite ni enthousiasme particulier ni critiques véhémentes. Les rédactrices du Droit des Femmes se félicitent bien sûr de la perspicacité et de la sagesse de Robert Schuman qui a compris que la santé publique ne pouvait être mieux défendue que par une femme "et le choix de cette femme ne pouvait être meilleur". Quant au Canard Enchaîné, il se moque du manque d’élégance de la nouvelle ministre qu’il baptise du sobriquet ironique de "Chapeau Pointu". Germaine s’en fiche, seule compte à ses yeux l’action qu’elle
va pouvoir démultiplier au service des plus démunis. Après avoir réuni une équipe jeune, passionnée et largement féminine, Madame le ministre se place sur tous les fronts : sous-alimentation de la population, mortalité infantile, extrême vétusté des équipements hospitaliers, travail des femmes, protection des enfants, prostitution, alcoolisme… Si la création de la Sécurité sociale, des allocations familiales et l’arrivée des antibiotiques sont porteurs d’espoir, dans l’immédiat, il lui faut trouver de l’argent pour donner de la nourriture aux Français, des médicaments aux hôpitaux, du charbon aux plus démunis… "En faisant une grande politique sanitaire, Monsieur le ministre des Finances fera une bonne affaire, puisse-t-il le comprendre" lance-t-elle à son collègue ! Son combat ne lui amène pas que des amis. Lorsqu’elle propose un plan de lutte contre l’alcoolisme, le député de la Loire, Eugène Claudius-Petit, se moque qu’une Marseillaise "arbitre un débat sur le pastis". Hélas, c’est un autre sujet qui va faire tourner court sa carrière ministérielle, celui des subventions à l’école libre.

Alors qu’elle redoute de rouvrir un dossier qui divise les Français, Robert Schuman insiste pour accorder les mêmes aides aux élèves de l’enseignement public et privé. La polémique enfle avec les socialistes, Germaine Poinso-Chapuis promet que jamais, elle ne signera un décret attribuant des subventions à l’école libre. Or, le 22 mai 1948, le décret sort… avec son nom ! Abasourdie, elle découvre qu’on l’a publié sans lui demander son avis et, accablée, n’a d’autre solution que de le signer a posteriori. Accusée de malhonnêteté et de déloyauté par ses adversaires politiques, moquée par Le Canard Enchaîné et Franc-Tireur, elle est lâchée par ses amis du MRP qui lui font porter l’entière responsabilité du texte. Robert Schuman devra malgré tout démissionner avec son gouvernement deux mois plus tard. Pendant longtemps, elle gardera un silence de plomb sur cet épisode qui lui fermera à tout jamais les portes des ministères. Il faudra attendre dix ans pour que la vérité éclate. Gaston Defferre fera alors amende honorable : "On a fait tout ce scandale du côté socialiste, mais on sait très bien que ce n’est pas vous. Il nous fallait un bouc émissaire, et on ne pouvait pas prendre Schuman, alors…".Contre toute attente, cet épisode malheureux ne dégoûte pas Germaine de la politique. À l’Assemblée nationale et à Marseille, elle a bien l’intention de poursuivre son combat contre l’alcoolisme et la prostitution, pour la promotion des femmes et la défense de la famille, la réforme des hôpitaux et de l’Assistance publique, le contrôle des prixet des ententes… Très créative, dotée d’une force de travail peu commune, sa rigueur et sa méthode font mouche. À tel point qu’elle agace parfois.

Antoine Pinay, président du Conseil en 1952, s’énerve lorsqu’elle défend sa loi anti-trust à laquelle il n’est pas favorable : "Madame, vous êtes une entêtée. Il vous aurait fallu une bonne fessée de temps en temps". Sans se démonter, elle répond avec humour : "Et qui vous dit, Monsieur le président, que cela ne m’aurait pas fait plaisir ?". Elle peut aussi se montrer agressive et vindicative. Elle attaque ainsi dans un journal marseillais Pierre Mendès-France, accuséb par les députés MRP d’être le "naufrageur de l’Europe" parce qu’il n’a pas soutenu la création d’une Communauté européenne de défense : "Monsieur Pierre Mendès-France a le goût du pouvoir, comme d’autres ont la folie de la charité. Il croit en lui, il est l’homme d’une mission, la chance d’un monde, le véritable superman. Dût-il piétiner et détruire, qu’importe !". À Marseille, son combat contre l’alcoolisme et la prostitution déplait à certains. Lors des élections législatives de 1956, le fabricant de pastis Paul Ricard mène une violente campagne pour que "Chapeau pointu" ne soit pas réélue. Il mobilise les patrons de bistrot, les clients, donne congé à ses employés pour qu’ils perturbent ses réunions électorales. "Chapeau pointu, t’es foutu". Lâchée par ses amis politiques, elle perd son mandat de député et doit retourner à son cabinet d’avocat. Gaston Defferre, devenu maire de Marseille, la sollicite alors sans attendre. Construction d’hôpitaux, de logements sociaux, d’installations sportives, formation d’infirmières et d’éducateurs… sa contribution est immense. Sans compter qu’elle est aussi à l’origine d’une trentaine d’institutions pour enfants inadaptés et de centres pour handicapés adultes en Provence, avec toujours la même idée fixe : prévenir plutôt que guérir. Grâce à elle, les Associations régionales de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence (ARSEA) se structurent et accroissent leur efficacité avant d’évoluer, en 1964, vers de performants Centres régionaux de l’enfance et de l’adolescence inadaptée (CREAI). Aux parents d’enfants handicapés, elle exprime sa solidarité tout en leur conseillant de s’associer pour peser davantage face aux pouvoirs publics. Elle connaît leur souffrance morale.

En 1956, son fils aîné Maurice, victime de graves crises d’épilepsie, doit être hospitalisé dans une clinique de réadaptation de la région d’Hyères. Sans cesse, la "patronne" comme on la surnomme, doit se battre pour obtenir de l’argent pour ses centres. Elle continue à harceler les ministres : Michel Debré, Albin Chalandon, Gaston Defferre… ne les laissant en paix que lorsqu’elle a obtenu satisfaction. Victime d’un infarctus qui la contraint à abandonner son métier d’avocat en 1965, elle use avec ruse de sa faiblesse durant les réunions, mimant parfois une douleur au coeur lorsque les débats ne lui sont pas favorables ! Extrêmement exigeante avec elle-même, elle l’est aussi avec ses collaborateurs à qui elle transmet ses directives d’une écriture fine et nerveuse à l’aide des supports les plus variés : cartes de visite, coins d’enveloppe, cartons d’invitation… "Il nous arrive de nous sentir bien dépourvus devant le nombre et l’importance de vos exigences, ou décontenancés par leur imprévu…" plaisante le représentant du personnel du CREAI le jour de sa remise de la Légion d’Honneur, le 21 juin 1975 à Marseille. Jugée froide et sévère par certains, elle a la réputation de ne respecter que ceux qui lui tiennent tête. Sauf lorsqu’elle estime leurs revendications injustifiées, comme ce directeur de CREAI, licencié pour avoir osé soutenir la grève de son personnel… À nouveau décorée en 1980 par Alain Poher, président du Sénat, de la plaque de Grand Officier du Mérite national, elle aborde avec enthousiasme l’année 1981, consacrée aux Handicapés par l’ONU.
Hélas, dix jours après avoir réuni chez elle les anciennes présidentes de son Club soroptimiste, elle s’éteint dans la nuit du 18 au 19 février 1981. La veille, elle exprimait encore son inquiétude à l’un de ses collaborateurs pour l’avenir de son fils, Maurice, confié à une association spécialisée.

Une histoire tirée de "Femmes d’Exception en Provence-Alpes-Côte d’Azur", édité par Le Papillon Rouge Editeur et écrit par Sylvie Reboul.

En ligne LaProvence.com, article publié le 7 janvier 2012

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