Bruno Benoit , nouveau président de l’A.P.H.G. en 2011

 février 2011
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Dimanche 30 janvier 2011, Bruno Benoit, candidat à la présidence de l’APHG a fait la déclaration suivante devant le Comité national de l’APHG qui a été applaudie chaleureusement. Le comité l’a ensuite élu à la tête de l’APHG. "Cher(e)s collègues, Etre président d’une association qui a pour but de défendre deux matières, en l’occurrence l’Histoire et la Géographie, face au Pouvoir qui ne pense qu’à rogner sur nos heures et nos contenus, est un combat épuisant et qui nécessite un renouvellement. C’est donc au nom du principe de renouvellement et de la nécessaire transition que le Bureau me propose comme président, Jacques Portes étant coprésident, mais statutairement vice-président. Le 30 janvier 2011 n’est donc en rien un 13 mai. Ma candidature à la présidence de l’APHG me permet d’affirmer qu’un président n’a pas pour vocation à présider éternellement, puisque tout mandat est lié au vote de confiance que lui vote chaque année l’Assemblée générale. Quand une Assemblée générale doit élire un nouveau président, elle doit savoir à qui elle a à faire. Je suis actuellement professeur d’Histoire contemporaine à l’Institut d’Etudes politiques de Lyon, institut rattaché à l’Université Lyon 2. Après l’agrégation d’histoire obtenue en 1972, j’ai commencé ma carrière à Belley dans l’Ain, poste que j’ai quitté pour rejoindre un collège des Minguettes où je suis resté 8 ans, puis le lycée d’Oullins et ensuite le lycée Ampère en classes préparatoires HEC avant de rejoindre l’Université en 1990. Membre de l’APHG depuis mes débuts professionnels, je suis devenu président de la régionale de Lyon en 2007. Un président, telle est ma conviction, a pour mission d’insuffler du dynamisme, de la confiance, de l’espoir, des idées et dans sa mission, il n’est pas seul, puisqu’il est entouré par les membres du bureau, du conseil de gestion et par les présidents et collègues membres des bureaux des régionales, sans oublier tous les membres de notre association qui sont tous associés à la vie de l’association. Etre président, c’est aussi savoir où l’on veut mener le navire. Je l’ai dit à Lyon, je le redis à Paris, mon intention est de ne pas être le capitaine d’un nouveau Titanic. Cette allusion pessimiste entraîne une réaction de nous tous si l’on veut qu’après le centenaire, nos successeurs et certains parmi nous aujourd’hui, puissent célébrer le cent cinquantième anniversaire de l’APHG. Pour cette raison, je pèse mes mots, un double combat doit être mené aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’association. Sur le plan interne, notre association a besoin de se rajeunir et de voir ses effectifs augmenter. Notre association pèse environ 10% du corps enseignant actif d’Histoire et Géographie. A la différence du déficit public qui, lui, doit baisser, notre objectif est de voir ce pourcentage décoller, car, dans un monde où le rapport de force sert de base à toute négociation, nous avons besoin d’être plus nombreux, ce qui nous rendra plus combatifs. Cet objectif, nous devons tous l’avoir en tête, de la présidence à chaque membre en passant par les responsables des régionales qui, je le pense, sont indiscutablement les cellules vives de notre association et qui doivent recevoir de la part, du bureau national, tout le soutien qu’elles en attendent. Paris doit entretenir un dialogue plus nourri avec elles, le jacobinisme a du bon, la décentralisation en a également. Il faut aussi mieux faire connaître académiquement notre association en tissant des liens forts avec l’inspection pédagogique régionale, avec les collègues universitaires trop souvent absents de nos rangs et en organisant des manifestations, en particulier des journées de formation, quitte à les organiser conjointement entre deux régionales afin de mutualiser les énergies et les compétences. Ensuite, il faut équilibrer nos finances qui se détériorent, compte tenu d’exercices déficitaires. La revue est essentielle, elle est plus qu’un lien, elle est notre identité. Sur le plan des relations avec l’extérieur, il faut être présent sur la scène médiatique et politique en faisant entendre notre voix qui portera d’autant plus si nous sommes nombreux. Il ne faut pas baisser les bras, aucun combat n’est définitivement perdu, et savoir répondre à nos détracteurs que nous ne sommes en rien une association corporatiste, mais une association citoyenne, car nos matières apportent aux élèves et étudiants des outils pour lire et comprendre le monde, ce qui en fait des matières fondamentales pour la démocratie. Il n’est pas normal que les Agoras, qui demandent un investissement énorme de la part de la régionale organisatrice et qui sont de grande qualité, débouchent sur un trop petit public, alors que les journées de St Dié, de Blois ou de Pessac sont des succès populaires. Nous sommes trop nous-mêmes, pas assez extravertis et, aux yeux des édiles et médias, le logo APHG n’est pas toujours porteur de sens. Le 21e siècle étant celui de la communication, il devient primordial que le président et le bureau à l’échelle nationale, mais aussi les présidents régionaux soient, dans un environnement où l’expertise est recherchée, des personnes ressources pour les journalistes et les hommes politiques. A côté des agoras triennales, à Bordeaux en 2013 et en Picardie en 2016, ne faut-il pas organiser comme il en a été fait cas lors de la réunion du Comité de gestion de début janvier, une journée annuelle, appelée Les rendez-vous de l’APHG, construite autour d’un thème historique ou géographique concernant les programmes, qui pourrait être un point de cristallisation médiatique et scientifique autour du logo APHG et ce, dès 2011. Une fois encore, la question de la communication s’avère pour les années à venir primordiale. Pour être encore plus efficace, ne faudrait-il pas une meilleure organisation de nos commissions afin de ne rien perdre de la substantifique moelle de leurs travaux. Beaucoup de mots viennent d’être lâchés, ce ne sont pas des promesses mais des obligations pour le devenir de l’APHG. J’ai entendu les malaises et les réussites des différentes régionales. Je m’engage à passer à l’action constructive qui débouche sur des résultats, seuls indicateurs auprès des collègues pour adhérer, mais j’ai besoin que vous soyez solidaires des actions qui seront menées et ce, loin des engagements partisans. Ma présidence se veut être une présidence anti-déprime, car nous avons encore de solides atouts humains, financiers et relationnels. Donc, l’APHG de la deuxième décennie du 21e siècle doit avoir un président et un bureau qui décident, un conseil de gestion qui gère, une assemblée générale qui débat et des adhérents qui, localement, recrutent. L’APHG se veut proche du terrain, celui des collèges, des lycées, qu’ils soient généraux ou professionnels, des universités, elle est votre association, dont la présidence, par votre vote, est l’émanation. Vous êtes aussi appelé à voter pour un nouveau Conseil de gestion renouvelé avec quatre nouveaux entrants sur 18 membres, dont 3 représentants des régionales et un nouveau trésorier, et désormais pour deux présidents d’honneur. Pour terminer, moi qui fus l’étudiant, puis le collègue et enfin l’ami de Jean Peyrot, je ressens, en ce jour, une profonde émotion avant votre vote. Mon émotion n’est pas teintée de nostalgie passéiste, mais porteuse d’une force qui fait avancer, celle que Jean a su communiquer à l’APHG et que ses successeurs, Robert Marconis et Jacques Portes ont su aussi transmettre lors de leurs présidences. Merci et tous mes vœux pour vous et l’Association." Bruno BENOIT 30 janvier 2011


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